Vingt-quatre août 1994, une grosse cerise noire tombe sur le macadam, s'éclatant dans sa chute. La chaire vole tout autour de son inconsistance, les restes du passé éparpillés aux quatre coins du monde de poche du trottoir. Vidé de son existence, son être désolidarisé entame sa cuisson sous les rayons impitoyables du soleil de décembre; les morceaux sèchent, se ratatinent, s'avilissent. Seule la tige, plantée dans un souvenir du fruit, trône encore au centre de la scène du crime.
Dans ce petit bordel, nul noyau ne fut trouvé.