• Simulacre

      Effrayée de tout, elle s'est bâtie une forteresse; elle vit ainsi enfermée à double tour dans un asile personnel de coussins et de couettes, toujours chaudes et propres, de beaux paysages tantôt éclairés par le levé d'un soleil timide entre les branches, tantôt bercés par des lunes bleutées et maternelles. Des mélodies utopistes finissant de dépouiller chaque pièce du moindre indice d'anxiété, la solitude embrassant tous les recoins de son être de baisers de coton.

      Pourtant, malgré ses efforts incalculables pour que sa tour d'illusions s'élève assez haut dans les nuages, bien qu'elle aie fuit le monde, les angoisses, banni tout ce qui pique, griffe, tranche, brûle ou coupe, alors qu'elle a passé tant de temps à oublier, à ne plus y penser,...
    le monstre habitant dans sa poitrine ne la quitte pas.

      Le matin, quand elle se lève et se concentre comme elle le peut sur sa routine, il se change en écho, à l'affut... Au premier signe de faiblesse, il saute sur l'occasion et répète après elle: "Inutile... banale... triste... insensé... pourquoi?... laide... arrête". Elle s'échappe, encore une fois, elle se nourrit des autres histoires, des autres démons, des autres sourires, elle voit tous ces gens qui se débrouillent bien mieux qu'elle et elle se réjouit un peu, tout doucement,  jamais trop fort, car il est toujours là.

      Si par hasard ou par sa faute, elle se perd dans les histoires qui ressemblent trop aux siennes, celles qui font pleuvoir sur ses joues, il se met à gronder; il se réjouit à son tour. Un cri tonitruant retentit alors: Le démon a rassemblé toute la douleur et s'en sert comme d'une dague impitoyable pour transpercer ses organes, mouillant à nouveau son âme de ce liquide rouge et invisible jusqu'à ce que la rage resurgisse, qu'elle l'envahisse entièrement et qu'il puisse enfin la posséder sans contraintes, chaque particule convertie à lui, trempée. Crampes remontant jusqu'à la cervelle.

      Enfin, elle s'endort, amnésie libératrice, en attendant la sentence du lendemain.

     


  • Commentaires

    1
    Jeudi 4 Octobre à 07:51

    C'est superbement écrit ! La délicatesse mêlée à la violence... c'est vraiment très beau... mais quel est ce monstre ? J'ai plusieurs idées en tête... certaines saugrenues sûrement ( C'est pourquoi je les tairai ^^ )... d'autres plus réfléchies ( C'est pourquoi je les tairai ^^ )...

    Tu n'est pas tentée par l'écriture d'un roman ? Parce que c'est vraiment agréable à lire ce que tu nous a fait là ^^

    2
    Jeudi 4 Octobre à 20:57

    Merci beaucoup beaucoup ! Et moi je ne parlerai pas non plus de ma théorie sur le monstre parce que ça gâcherais tout :3

    Je suis tentée... mais aussi assez effrayée, je dois dire, l'écriture d'un roman demande beaucoup de travail et d'investissement et j'ai toujours peur que mon idée ne soit pas bonne, que je perde l'inspi en cours de route, que mon écriture perde en "qualité", etc... Mais enfin j'y arriverai bien un jour ^^

    3
    Vendredi 5 Octobre à 04:05

    Je suis certain que tu y arriveras ! L'inspiration.... c'est vrai que c'est un truc qui se perd facilement... moi je ne l'ai plus retrouvé depuis mes 18 ans... au niveau du dessin, j'entends ! Ça me manque, mais j'attends... ça va sûrement venir ^^

    En tout cas, si l'envie t'en prends, je suis certain que ce sera marquant !

    4
    Samedi 6 Octobre à 23:03

    Totalement imprévisible et impossible à suivre, un peu comme le vif d'or en soit ^^' Je te souhaite de la retrouver en tous cas, ce serait pas mal de voir tes dessins !

    Et merci beaucoup, si jamais j'arrive un jour à quelque chose, tu seras sur la liste des premiers informés ^^

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :