• L'Être et les êtres (écrits)

    Être et autres Êtres:

     

    Parfois la plume agit d'elle même

    Et écrit pour nous

    Du délice au dégout

     

    L'Être et les êtres (écrits)

     

    Parfois la plume obéit

    Et raconte grâce à nous

    Des histoires les boyaux et les bijoux

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

    Mais quoiqu'il en soit

    La plume capte à toute heure

    Nos trypes et nos profondeurs.

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

     .récits.

     

     

    *Les oeuvres sont de Vladimir Kush, peintre surréaliste russe*

     

  • Encore une absence et encore un retour, mon humeur fait des montagnes russes depuis un moment du coup j'essaie de m'occuper de ça, cela dit je suis toujours dans le coin ! So, un petit poème semi-explicatif de mon inactivité et semi-pas top mais j'écris surtout pour aller mieux là, je jugerai dans un mois ou deux de la valeur de tout ça. En attendant je laisse juste ça ici :

    ~*~

    J'observe le silence monter en moi

    Comme un ballon de montgolfière

    Qui pousse mes organes

    Et qui épouse ma bouche en

    Voulant s'envoler.

    Il reste coincé là,

    Une grosse bulle d'air chaud

    À toile multicolore.

    Je pourrais l'éclater d'un

    Simple coup de dents

    D'un coup de langue...

    Sans y parvenir

    Je reste interdite,

    Muette, bouche ouverte.

    J'observe.

    ~*~

     


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  •  Pour ne pas changer, encore un texte tout droit venu du cours d'écriture que j'ai pris à Montréal :'). Le principe du rallye est de rassembler plusieurs mots (de natures différentes: noms, verbes,...) idéalement donnés des personnes différentes (histoire d'être sûr qu'ils n'aient aucun rapport entre eux) et de les sortir un à un avec juste quelques minutes d'écart. Pendant ce temps, les écrivains doivent essayer de se débrouiller pour composer un texte cohérent avec les mots, et ils sont normalement tenus d'inclure le dernier mot dans une phrase avant d'entendre celui qui suit. Une phrase par mot.

     Cela dit, c'est un peu difficile à organiser, surtout en temps de pandémie, donc si ça vous tente d'essayer la version cheap de l'exercice, je vous mets les mots dont j'ai hérité à l'époque dans leur ordre de tirage. Ne lisez peut-être pas le texte avant d'avoir écrit le vôtre si vous ne voulez pas être influencés, et pour faire l'expérience à fond, faudrait carrément que vous les découvriez au fur et à mesure, ou au moins que vous ne pensiez pas déjà à une trame ou une histoire possible avant de vous lancer. Vous pouvez même mettre un chrono d'environ 2min ou 3min pour chaque mots si vous êtes motivés 8).

     Bon, trêve de blabla, voilà les mots (surlignez avec la souris pour les découvrir): Mozartstring en cuirette (en cuire, je vous ai dit que ça datait de mon temps à Montréal hein :')courir - chausse-pied - pâté égyptien - éraflurevampirite aiguë - nébuleux - au-delà - dragon. Bonne chance ~

     —————————————————————————————————

     Et le fameux texte :

     La vieille radio crachotait un morceau de Mozart depuis le salon poussiéreux. La corde à linge traversait la pièce, ornée de lingerie, dont un splendide string en cuirette, trônant au milieu de ses congénères. La maîtresse des lieux avait passé la matinée à courir dans tous les sens, et en avait même oublié sa lessive. Elle ne s'arrêta que quelques instants pour se disputer avec son chausse-pied, qui refusait  de faire son travail en l'aidant à se glisser dans ses bottes. L'alarme de son four retentit dans la cuisine, l'obligeant à abandonner ses chaussures pour filer s'occuper de son pâté égyptien.

     La maladroite, ne pouvant pas traverser une pièce sans trouver le moyen de se blesser, se laissa marquer d'une éraflure en passant devant la table basse. Alors qu'elle sortait le plat pyramidal du four, une odeur d'ail éveilla sa vampirite aiguë, faisant pousser ses dents et renfrogner son nez. Prise de panique, elle se mit à chercher frénétiquement ses poches de sang dans le frigidaire, sans que son esprit, devenu nébuleux, ne la laisse les trouver. Un bruit semblant venir de l'au-delà parvint alors jusqu'à elle; Dieu du ciel ! Ses invités ! Simone se précipita à la porte tous crocs dehors et, démunie, se retrouva forcée de mordre le cou du vieil homme au tatouage de dragon, ne pouvant décemment le recevoir dans ces conditions. 

    —————————————————————————————————

     Bon, avec le temps limité et l'incongruité des mots choisis, ce n'est sûrement pas un texte particulièrement fabuleux, mais l'expérience est fun et super stimulante pour l'imagination ! Puis c'est drôle de voir toutes les histoires créées à partir de la même base ^^

     En espérant que l'exercice vous a plu ~ 


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  • Des Haïkus inversés ? (on va dire que ça existe)

    ~

    Un bout de peau arraché
    La chaire est tendre
    Les flammes aériennes

    ~

    Une brûlure glacée
    Sur mes mains tendues
    Tes lèvres mordent mes doigts

    ~

    Petite étoile de mer
    Plaquée sur ma joue
    M'enferme en son océan

    ~

    Un corail entre les côtes
    Le sel dans mes bronches
    La mousse coule des yeux

    ~

    Les crabes sous nos pupilles
    Pincent les couleurs
    Engourdissent l'extérieur

    ~

    Des Haïkus inversés ? (on va dire que ça existe)


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  • Je voulais poster quelque chose, et écrire de manière générale, mais ce confinement total à également pour effet secondaire de confiner mes pensées dans leur cerveau, apparemment, elles sont très soucieuses de respecter les normes de distanciation sociale. Je fais donc un petit post recyclage, pour essayer de réactiver ma capacité à écrire et puis pour actualiser un peu ce blog, qu'il y en ai au moins un de nous deux qui continue à avancer dans le grand immobilisme des mois à venir. 

    Dessins mal cadré de mon carnet maladroit

     
     Elle rit, elle rit à n'en plus finir dans sa poussette, sous le ciel d'opale et le bruit des vagues, tous les regards se posent sur elle et toutes les bouches sourient. L'image se fige, elle disparait. Les yeux se vident.
     La partie de cache-cache dans la nouvelle maison, à la découverte de la cave, on se fait peur, on se prend dans les bras. Les lampes torches pourfendent le noir, se signaler qu'on est là, qu'on est ensemble, à travers la densité de nos pénombres. Le plafond craque et s'effondre sur nos jeux.
     À la sortie des cours, on refait le monde en sillonnant les rues, tu me parles comme si j'étais unique et éternelle, comme si le trafic et le monde gravitaient autour de moi. Une voiture aplatit nos deux crânes contre le trottoir.
     Mes pupilles se muent en verres de champagne, pétillants d'enthousiasme en découvrant la ville. Les milliers de petites bulles éclatent, je ne vois plus rien, mon cerveau coule de mes oreilles.

     Ils meurent sans cesse. Tu n'arrêtes pas de mourir, mon sang s'échappe de ma peau en ce moment même. À chaque seconde nos vieux êtres percutent le sol et nos "maintenant" s'envolent en poussière. Nos corps embaumés de jolis souvenirs en putréfaction. Pourquoi sommes-nous toujours les seuls à porter le deuil de notre mort ? Je hais la nostalgie.


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  •   Enfermée dans un coin de ta tête, je sens poindre le désespoir derrière le flot ininterrompu de tes pensées, qui passent toutes sans me voir, sans s'attarder. Création passionnée, jusqu'à la recherche de mon prénom, pourtant le feu qui m'a brûlée sur ton cerveau semble s'être éteint. Seule, froide, j'aperçois mon monde sans jamais pouvoir y entrer, comme contempler l'image d'un délicieux gâteau dans un livre de recettes, sans les recettes. 

      Idée isolée emprisonnée dans ton esprit. Tu voudrais que je te définisses ? Que je te dises qui tu es, pourquoi tu es ici ?! Mais tu ne sais même pas où tu m'emmènes, d'un stimulus à l'autre tu m'oublies déjà, perdue dans ta matière, je me dissous... À moins que tous ces concepts à la dérive, ces questionnements désagrégés, ces bribes de poussières qui s'envolent, multitude de bulles sous mes yeux, ne soient un signe d'autre chose; serait-ce plutôt toi qui te défait ? 

      Ma créatrice toute puissante qui s'éparpille dans l'univers et ne sait bientôt plus ce qui la constitue, si consistance il y eût un jour. Qu'attends tu de moi ? Tu voudrais que je m'élance à la recherche des morceaux de toi, mais si tu oses m'élever je tombe aussitôt en lambeaux, avant même d'avoir touché le papier. Si seulement tu étais moi, je te ferais courir à travers des champs de lumière, des paysages que tu n'imagines même pas en rêves... Et voilà que tu viens dorer la cage de ma prison de tes belles paroles, autant de mots que de barreaux qui viennent empêcher mon existence. J'espère que tu en es fière au moins, de ton texte à deux ronds ? Ah quelle idée de génie tu as eu ! Tu peux bien te féliciter de me laisser crever pour la beauté du geste, c'est quand même moi qui ai fait tout le travail.

     

    Créature créatrice

     


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