• L'Être et les êtres (écrits)

    Être et autres Êtres:

     

    Parfois la plume agit d'elle même

    Et écrit pour nous

    Du délice au dégout

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

    Parfois la plume obéit

    Et raconte grâce à nous

    Des histoires les boyaux et les bijoux

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

    Mais quoiqu'il en soit

    La plume capte à toute heure

    Nos trypes et nos profondeurs.

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

     .récits.

     

     

    *Les oeuvres sont de Vladimir Kush, peintre surréaliste russe*

     

  • Je voulais poster quelque chose, et écrire de manière générale, mais ce confinement total à également pour effet secondaire de confiner mes pensées dans leur cerveau, apparemment, elles sont très soucieuses de respecter les normes de distanciation sociale. Je fais donc un petit post recyclage, pour essayer de réactiver ma capacité à écrire et puis pour actualiser un peu ce blog, qu'il y en ai au moins un de nous deux qui continue à avancer dans le grand immobilisme des mois à venir. 

    Dessins mal cadré de mon carnet maladroit

     
     Elle rit, elle rit à n'en plus finir dans sa poussette, sous le ciel d'opale et le bruit des vagues, tous les regards se posent sur elle et toutes les bouches sourient. L'image se fige, elle disparait. Les yeux se vident.
     La partie de cache-cache dans la nouvelle maison, à la découverte de la cave, on se fait peur, on se prend dans les bras. Les lampes torches pourfendent le noir, se signaler qu'on est là, qu'on est ensemble, à travers la densité de nos pénombres. Le plafond craque et s'effondre sur nos jeux.
     À la sortie des cours, on refait le monde en sillonnant les rues, tu me parles comme si j'étais unique et éternelle, comme si le trafic et le monde gravitaient autour de moi. Une voiture aplatit nos deux crânes contre le trottoir.
     Mes pupilles se muent en verres de champagne, pétillants d'enthousiasme en découvrant la ville. Les milliers de petites bulles éclatent, je ne vois plus rien, mon cerveau coule de mes oreilles.

     Ils meurent sans cesse. Tu n'arrêtes pas de mourir, mon sang s'échappe de ma peau en ce moment même. À chaque seconde nos vieux êtres percutent le sol et nos "maintenant" s'envolent en poussière. Nos corps embaumés de jolis souvenirs en putréfaction. Pourquoi sommes-nous toujours les seuls à porter le deuil de notre mort ? Je hais la nostalgie.


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  •   Enfermée dans un coin de ta tête, je sens poindre le désespoir derrière le flot ininterrompu de tes pensées, qui passent toutes sans me voir, sans s'attarder. Création passionnée, jusqu'à la recherche de mon prénom, pourtant le feu qui m'a brûlée sur ton cerveau semble s'être éteint. Seule, froide, j'aperçois mon monde sans jamais pouvoir y entrer, comme contempler l'image d'un délicieux gâteau dans un livre de recettes, sans les recettes. 

      Idée isolée emprisonnée dans ton esprit. Tu voudrais que je te définisses ? Que je te dises qui tu es, pourquoi tu es ici ?! Mais tu ne sais même pas où tu m'emmènes, d'un stimulus à l'autre tu m'oublies déjà, perdue dans ta matière, je me dissous... À moins que tous ces concepts à la dérive, ces questionnements désagrégés, ces bribes de poussières qui s'envolent, multitude de bulles sous mes yeux, ne soient un signe d'autre chose; serait-ce plutôt toi qui te défait ? 

      Ma créatrice toute puissante qui s'éparpille dans l'univers et ne sait bientôt plus ce qui la constitue, si consistance il y eût un jour. Qu'attends tu de moi ? Tu voudrais que je m'élance à la recherche des morceaux de toi, mais si tu oses m'élever je tombe aussitôt en lambeaux, avant même d'avoir touché le papier. Si seulement tu étais moi, je te ferais courir à travers des champs de lumière, des paysages que tu n'imagines même pas en rêves... Et voilà que tu viens dorer la cage de ma prison de tes belles paroles, autant de mots que de barreaux qui viennent empêcher mon existence. J'espère que tu en es fière au moins, de ton texte à deux ronds ? Ah quelle idée de génie tu as eu ! Tu peux bien te féliciter de me laisser crever pour la beauté du geste, c'est quand même moi qui ai fait tout le travail.

     

    Créature créatrice

     


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  • Excusez-moi, j'ai un peu hiberné en février, déprime post-retour et anniversaire de mes 18 + 1 ans... mais yé souis encore là ! (Bon le texte est un peu trash mais, déjà c'est pas ma faute si la vie est trash, et puis je vais bien, pas d'inquiétude).

     

    Marre des putains de larmes
    Recroquevillée sur moi-même
    Comme une parodie d'Arlequin 
    Douleur bordélique, je sais
    Plus où la foutre

    Ce soir je pleure pas je ris
    Ce soir je crie pas je chante
    Je fantasme sans retenue
    Des images de toi en petite tenue
    Devant mes yeux embués
    Et tous les coups sur mon cerveau
    Sont hilarants
    Frappe la tête dans le vide
    au hasard, c'est l'Euphorie
    Du désespoir. Le sourire vide
    Qui te donne envie de déchirer
    Tous les autres
    avec tes incisives et des
    Haussées de sourcils pour s'ouvrir
    La boîte crânienne

    Rediriger les lames vers
    L'extérieur et vous imaginer
    Tous, mourir noyés
    dans la mer rouge de mes entrailles
    C'est tordant.

    La bonne humeur malsaine
    Devant le leitmotiv tristesse
    Apparu une fois de trop
    Miroir déformant devant
    L'absurdité de cette situation
    Ce soir je pleure pas je ris
    Ce soir je crie pas je chante
    Des paroles creuses, des mots
    qui déchirent, des
    Incohérences exposent
    Sur mes lèvres, l'ironie de mon être

    Et crise de fou rire
    En imaginant le pire
    Marre des putains de larmes
    Cette fois je prendrai ma dépression
    Euphorique.


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  •  Un petit exercice de portrait chinois que j'avais trouvé assez amusant à faire et qui traînait dans mon carnet. Sentez vous libre de le faire à votre tour si le thème vous inspire ^^

    la foto é 2 mwa


    Si j'étais la Grande Faucheuse,
    le monde n'aurait probablement plus beaucoup de sens. J'aimerais ça pouvoir vous dire que je ferais un bien meilleur job que mes prédécesseures, mais ce serait juste un beau mensonge. Je suis pas si originale que ça, je voudrais que tous les enfants soient épargnés, que les animaux soient plus forts que les voitures. Je supporte pas bien la chaleur, je voudrais passer moins de temps en Afrique et plus en occident, ça ferait des guerres sans queues ni têtes et des militants tout déboussolés.

     J'arriverais pas à remplir les quotas, je me retrouverais à enlever des gens à contre cœur et au hasard toutes les fins de mois. Ça me rendrait folle. Entre le stress et les responsabilités, je pense bien que je ferais une dépression à chaque renouvellement de mon CDI. Puis surtout, vous pensez pas à l'abri avec une Faucheuse instable comme moi juste parce que je pleure devant les petits chatons perdus dans la rue. Si il y a une chose de certaine, c'est qu'un jour je craquerais, j'essaierais de choisir entre la vie d'une bénévole pour Amnesty qui parle au théâtre et celle d'un activiste environnemental qui dit "comme même" et je finirais par éradiquer jusqu'au dernier être humain de cette planète. Probablement jusqu'au dernier moustique aussi.

     Vraiment, votez pas pour moi, la Grande Faucheuse comme elle est maintenant, elle est pas bien facile à aimer, mais elle accompli sa tâche de la seule façon possible pour que le monde continue de tourner : sans raisons et sans équivoque, dans le juste déroulement des choses comme dans l’injustice la plus insensée.

     


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  • 24/10/2019

     Les jours commencent à raccourcir et la nuit tombe de plus en plus tôt sur le petit détour que j'emprunte pour rentrer chez moi, par les ruelles. J'aime laisser mon regard se promener au-delà des petites cours et des arbres rougissants, sans toujours chercher à comprendre, je fais simplement défiler ces tableaux d'intérieurs montréalais au fil de ma marche. J'aperçois alors mes voisins, l'une buvant un verre de vin devant la télévision, l'autre assis face à son ordinateur, les sourcils froncés et les yeux rouges.

     Cette fois, c'est un couple de nouveaux arrivants qui m'interpelle. Diverses caisses et boîtes en carton encombrent encore leur salon mais cela ne semble pas les empêcher de profiter de leur soirée. Plusieurs bouteilles de bière, vides ou entamées, sont dispersées de ça et là, j'en remarque même une posée dans un pot de fleur. Il me semble aussi reconnaître les airs d'un album du groupe "The Clash", ils dansent, sautillent, rigolent et finalement se laissent glisser jusqu'au sol, les joues roses et le regard "houblonneux".  Je reprends mon chemin avant que la banalité ne vienne déranger ce moment hors du temps.

    24/10/2020

     Je m'arrête une nouvelle fois devant la petite cours fleurie croulant sous les feuilles mortes, m'attendant à retrouver mon couple favoris, mais je ne vois que la femme, que j'ai rebaptisée Julie. Elle est adossée contre le lit cage, ayant pris la place de la table-basse depuis quelques mois. Elle fixe son téléphone, ses longs cheveux tombant en rideau devant son visage, plusieurs mèches collent à ses joues mouillées de larmes et ses yeux sont rouges...

     Alors que j'essaie de distinguer l'écran de son portable, montrant plusieurs appels manqués, je vois celui-ci voler à travers la pièce pour aller s’exploser contre le mur. Julie s'est relevée d'un coup pour lâcher un cri qui traverse la vitre et vient me gifler les tympans, sa mâchoire semble vouloir se décrocher. Mais les pleurs du bambin suivent sans tarder, noyant ceux de sa mère. Elle se calme, prends son bébé dans ses bras et je me remets en route. C'est stupide, mais j'ai les larmes aux yeux.

    24/10/2021

     J'ai un peu peur en regardant par la fenêtre aujourd'hui, ma curiosité m'y pousse, pourtant je ne suis plus sûre  de vouloir savoir ce qu'il se passe 6556. L'homme, qui a hérité du nom de Valentin, est assis sur le canapé, muni d'un marteau. Il maintient une noix de coco sur la table d'une main, aux articulations blanchies par l'effort, et frappe de l'autre. Julie est assise sur les marches, un peu en arrière, elle tient sa fille sur ses genoux, l'aire inquiet. Je ne comprends pas tout de suite pourquoi, mais l'anxiété commence à me gagner également.

     Il assène chaque coup avec plus de haine, l'outil menaçant de partir en arrière à chaque levée et oscillant dangereusement de gauche à droite à chaque descente. Bientôt, le fruit est fendu en deux, puis en quatre, puis en une multitude de morceaux alors que le marteau s'abat sur la table. Le jus de la noix de coco s'échappe de partout, la chaire est parsemée de copeaux de bois, Valentin ralentit enfin la cadence pour s'immobiliser, le regard vide.

      Quand le marteau se défait enfin de la poigne de son père, en marquant un coup sur le plancher, la petite fille enfuit la tête dans la poitrine de sa mère et se met a sangloter. L'homme se retourne pour voir sa femme, ils restent ainsi de longues minutes, aucun bruit ne semble pouvoir perturber le silence mortel de leur échange. J'ai peur, moi aussi, de détourner le regard et de mettre en péril cette accalmie. Il faut que j'y aille.

    24/10/2022

     Un grand panneau "À vendre", affiché en plein milieu de la fenêtre, barre la route de mon regard. Assis dans leur petite cour, choppe de bière à la main, Julie et Valentin discutent à voix basse. Je m'apprête à repartir lorsque j'entends quelques éclats de rires, comme des ailes de papillon brisées, virevolter devant l'appartement désert.

     


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