• Écrits d'un être à propos d'autres êtres

    Être et autres Êtres:

     

    Parfois la plume agit d'elle même

    Et écrit pour nous

    Du délice au dégout

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

    Parfois la plume obéit

    Et raconte grâce à nous

    Des histoires les boyaux et les bijoux

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

    Mais quoiqu'il en soit

    La plume capte toujours

    Nos trypes et nos profondeurs.

     

    Écrits d'un être à propos d'autres êtres

     

     .récits.

     

     

    *Les oeuvres sont de Vladimir Kush, peintre surréaliste russe*

     

  •   Vingt-quatre août 1994, une grosse cerise noire tombe sur le macadam, s'éclatant dans sa chute. La chaire vole tout autour de son inconsistance, les restes du passé éparpillés aux quatre coins du monde de poche du trottoir. Vidé de son existence, son être désolidarisé entame sa cuisson sous les rayons impitoyables du soleil de décembre; les morceaux sèchent, se ratatinent, s'avilissent. Seule la tige, plantée dans un souvenir du fruit, trône encore au centre de la scène du crime.

      Dans ce petit bordel, nul noyau ne fut trouvé.


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  •   Effrayée de tout, elle s'est bâtie une forteresse; elle vit ainsi enfermée à double tour dans un asile personnel de coussins et de couettes, toujours chaudes et propres, de beaux paysages tantôt éclairés par le levé d'un soleil timide entre les branches, tantôt bercés par des lunes bleutées et maternelles. Des mélodies utopistes finissant de dépouiller chaque pièce du moindre indice d'anxiété, la solitude embrassant tous les recoins de son être de baisers de coton.

      Pourtant, malgré ses efforts incalculables pour que sa tour d'illusions s'élève assez haut dans les nuages, bien qu'elle aie fuit le monde, les angoisses, banni tout ce qui pique, griffe, tranche, brûle ou coupe, alors qu'elle a passé tant de temps à oublier, à ne plus y penser,...
    le monstre habitant dans sa poitrine ne la quitte pas.

      Le matin, quand elle se lève et se concentre comme elle le peut sur sa routine, il se change en écho, à l'affut... Au premier signe de faiblesse, il saute sur l'occasion et répète après elle: "Inutile... banale... triste... insensé... pourquoi?... laide... arrête". Elle s'échappe, encore une fois, elle se nourrit des autres histoires, des autres démons, des autres sourires, elle voit tous ces gens qui se débrouillent bien mieux qu'elle et elle se réjouit un peu, tout doucement,  jamais trop fort, car il est toujours là.

      Si par hasard ou par sa faute, elle se perd dans les histoires qui ressemblent trop aux siennes, celles qui font pleuvoir sur ses joues, il se met à gronder; il se réjouit à son tour. Un cri tonitruant retentit alors: Le démon a rassemblé toute la douleur et s'en sert comme d'une dague impitoyable pour transpercer ses organes, mouillant à nouveau son âme de ce liquide rouge et invisible jusqu'à ce que la rage resurgisse, qu'elle l'envahisse entièrement et qu'il puisse enfin la posséder sans contraintes, chaque particule convertie à lui, trempée. Crampes remontant jusqu'à la cervelle.

      Enfin, elle s'endort, amnésie libératrice, en attendant la sentence du lendemain.

     


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  • Désolée c'est en anglais ^^' => traduction maintenant disponible dans votre espace commentaire favoris.

    Sadness slowly infusing into my skin,
    Breaking into my brain
    And suddenly I'm bleeding,
    Under the clear sky.

    Blood stains all over the floor
    While the flowers never looked so happy,
    Their faces are multiplying in my head
    Watching me with creepy smiles.

    I think pieces of glass just started rolling
    Down my cheeks, must be my mask falling apart,
    But soon the night will come cry with me,
    And the moon will wash all the red away.


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  • Un petit pont de bois,
    La nuit, au dessus de l'étang,
    Avec plusieurs lanternes en papier.
    Leurs rayons dorés colorent l'eau sombre.

    Je suis assise, dans l'ombre.
    La tête sur les genoux, les jambes pliées,
    Le dos balayé par le vent.
    Regard perdu au-delà de moi.

    Je ne vois rien.
    Je suis déjà dans l'autre monde,
    Où le sens n'existe pas,
    Où les pensées ont une texture et un goût.

    Là-bas le corps disparaît ou
    L'esprit égare ses pas.
    Parfois ils en remontent et inondent
    Les yeux, les joues, les miens, les tiens.

    Cette fois encore, on croirait au vide.
    J'entends seulement quelques échos.
    Ils rebondissent partout dans ma tête,
    Marquant chaque fois un nouveau bleu.

    Ce soir, j'aimerais tant m'introduire chez eux.
    Pouvoir enfin éteindre les restes de la fête,
    Nous donner quelques secondes de repos,
    Hors des massacres, par dessous nos rides.

    Mais je ne peux qu'attendre, sur le petit pont de bois.


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  • Images, paroles,
    Collisions, souvenirs.
    Cadavres de papillons
    Tapissant ma mémoire.

    Perles de bois,
    D'eau et de feu;
    Trésors nacrés
    Semés par le temps.

    Possibles et impossibles,
    Lignes de codes infinies,
    Effacées d'un seul mouvement.

    Fin.

    Les oiseaux ont perdu toutes leurs plumes,
    Le cri qui faisait frémir les feuilles s'est tu,
    Et le soleil s'est éteint sur les ruines;
    L'humanité est à nouveau brisée.

    L'encre s'étale,
    Les mots coulent de mes veines
    Mais les pages sont déchirées
    Et l'histoire restera mutilée.

    Seule la couverture,
    Immuable portrait,
    Reflète encore l'autre monde.

    Désuet.


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