• Ailes

    Ailes :

     

     Elle est grande, elle est belle, elle est distante, elle est cruelle et je l'aime. Je suis petite, discrète, timide, taciturne et amoureuse. J'attends qu'elle me parle depuis des lustres...

     Hier, quand on m'a bousculée dans le bus et que j'ai valsé en arrière, elle m'a rattrapée, elle sentait le fond de teint et la bière, a esquissé un sourir amusé et s'en est retournée vers son groupe de futurs banquiers à sourirs colgate et cheveux en gel.

     Je me suis assise et j'ai écouté ma musique en regardant le paysage, noircit par la lune, défiler par la fenêtre sale. Je n'ai pas pleuré, je me suis mordue les lèvres. Plus insignifiante que jamais, j'ai pensé: "No Futur".

     Vers une heure du matin, je me suis endormie. J'ai fait un rêve étrange... je tenais entre mes mains une choses brûlante et agitée. Du sang se répandait sur mes avant-bras, il dégoulinait entre mes doigts, sur ma poitrine... je ne distinguais bientôt plus mon corps de l'organe ou l'organe de mon corps. Tout devint noir, Je ne ressentais plus rien, rien sauf les palpitations régulières du cœur qui était le siens.

     À mon réveil, elle était assise, juste là, à ma droite. Elle évitait de croiser mon regard en fixant la lampe au dessus de nos têtes. Sa main était posée sur l'accoudoir, à côté de la mienne.

     

     ~*~


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